Jules Mihura

Jules Mihura, Basque de Bayonne, et originaire de Urdax, en Espagne, évoque dans un recueil la vie aventureuse des Basques.

 

 

lebasque1957-300x252 Jules Mihura, la vie aventureuse des Basques
le Basque et son mystère, 1957

La vie aventureuse des Basques est contée par Jules Mihura, de Bayonne, vers 1957.

« Le peuple basque – ce peuple toujours jeune et millénaire – se caractérise par son côté  à la fois aventureux et traditionnel.

Les premiers navigateurs

Suivons-le tout d’abord dans ses multiples entreprises. Ils sont, par exemple, intrépides pêcheurs, marins hardis, légendaires corsaires. Ou bien migrateurs aux brillantes destinées, apôtres missionnaires dans toute la ferveur de leur foi religieuse. La mer a toujours exercé sur le Basque une profonde attirance.

Pêcheurs de baleines

A quel moment le pêcheur basque a-t-il pris contact avec l’ Océan? Sans nul doute au plus lointain des âges, tel que le démontre l’ antique blason de nos ports. Un monstre marin évoluE près d’une petite barque. Et dans celle-ci des hommes dont l’un s’apprête à lancer le harpon.

II est probable que mis à part le cabotage, c’est la capture de la baleine qui constitue la pêche par excellence. Les plus anciennes chartes octroyant ce droit de pêche remontent aux XII » et XIII » siècles. Vers 1360 et jusqu’en 1578, l’Adour  change de lit et bifurque vers le Nord. Le port de Saint-Jean-de-Luz profite de cet avantage qu’accroît l’introduction de la boussole, laquelle permet des campagnes plus longues. On a retrouvé un document écrit en 1775 par la communauté de Saint- Jean-de-Luz au maire de Dieppe, en réponse à une demande de renseignement, et il est précisé dans ce document, avec fierté, « que cent vingt ans avant que Christophe Colomb fît la découverte de l’île Atlantide ou des Indes orientales, les Basques avaient découvert les îles de Terre-Neuve et la terre ferme de Canada ».

Dans les ports labourdins, aux termes des règlements en vigueur, les marins, pêcheurs de baleines, payaient la dîme au Chapitre de Bayonne. Détail savoureux : il se réservait aussi la langue, morceau de choix, paraît-il!

Pêcheurs de morue

Aux pêcheurs de baleines succèdent les morutiers de Terre­Neuve. Une requête de 1624 atteste leur présence dans ces parages depuis trois cents ans. Ce qui confirme bien la fière déclaration que nous venons de rappeler.

Jusqu’au XVIII » siècle Saint-Jean-de-Luz et Ciboure sont de très actifs ports de pêche. Puis les activités s’élargissent: les épices en constituent la principale source au détriment du poisson. Une compagnie assure le transport du cacao de Caracas à Bayonne et San Sebastian .. Dès lors, la pêche proprement dite se réduit à l’échelle locale et il faut attendre le bateau à vapeur pour que la sardine et le thon lui redonnent l’importance qui perpétue ainsi cette belle tradition et qui dure encore de nos jours. Depuis une vingtaine d’années surtout, le port de pêche de Saint-Jean-de-Luz est devenu particulièrement animé et rien n’est pittoresque comme tous ces petits bateaux – aujourd’hui à moteur Diesel – qui, peints en vert ou bleu éclatants, scintillent au long des quais de l’Infante!

El Cano, de Getaria

Pour rester sur le chapitre de la navigation dont s’enorgueillit le Basque à juste titre, rappelons ici quelques exploits fameux:

EL CANO, lieutenant de MAGELLAN, termine le premier le tour du monde en rentrant à Séville avec dix-huit hommes, au bout de trois ans. Il périt pendant un second voyage aux Indes en 1526 et repose à Guetaria, son village natal. San Sebastian, la ville voisine, l’honore toujours et une statue de bronze, dominant la mer, reste le juste témoignage de sa magnifique aventure.

Colomb, ou les Basques?

Juan VISKAINO DE MUNDAKA commandait la caravelle « Santa-Maria » de Christophe COLOMB. Et ici je ne résiste pas au plaisir de signaler que les Basques ont aussi la prétention d’avoir découvert le nouveau monde avant Christophe COLOMB. L’historien de la ville de Bayonne, M. MASEIN, prétend en effet qu’Alphonse SANCHEZ DE HUELVA, pilote basque espagnol. fut, dans un voyage de Bayonne à Madère, jeté dans une île qui ne peut être que celle d’Hispaniola (depuis: Haïti). Et,  qu’à son retour en Europe il aborda et mourut à Madère. Là il rencontra Christophe COLOMB et le rendit dépositaire du journal de son voyage. L’illustre Gênois ne serait donc qu’un plagiaire, s’il est permis d’employer cette expression en parlant de découvertes!

 

La vie aventureuse des Basques dans le monde

En 1564. Miguel DE LEGAZPI conquiert les Philippines. Avec la recherche des voies maritimes et plus tard l’émigration des Basques français sur le nouveau continent américain. Les Basques vont contribuer à des fondations durables et singulièrement prospères:

Jean DE GARAY débarque à Buenos-Ayres le 11 juin 1580 et procède avec ses soixante hommes à la limite de ce qui deviendra une cité de plus de trois millions d’âmes,

De leur côté. IRALA et ZABALE participent à la fondation des grandes capitales Ascension et Montevideo,

L’expansion en Amérique Latine

L’expansion se poursuit aussi, longue et tenace, à travers le Chili et le Mexique.

Soulignons ici – car la remarque est d’importance – que ces fondations et implantations basques dans le nouveau continent ont donné lieu à l’élaboration de doctrines juridiques fondamentales: c’est ainsi que le Père VITORIA énonce les principes du droit maritime qui permettront les premières conventions internationales; et, dans un domaine plus spécialement constitutionnel, rappelons avec fierté qu’ALBERDI donne à l’Argentine ses « bases politiques », directement inspirées des « fors ou fueros » du pays basque.

De nos jours, après la guerre civile espagnole, qui avait surtout accru la colonie basque du Venezuela, il faut reconnaître que l’émigration s’est beaucoup ralentie. Mais, même avec ce ralentissement, il n’en reste pas moins vrai qu’elle aura largement contribué à la naissance d’un monde et que ce monde porte dans ses jeunes artères un peu de notre vieux sang euskarien.

 

Les corsaires Luziens

Dans la vie aventureuse des Basques, les corsaires luziens ont joué un tel rôle dans l’histoire maritime des Basques qu’elle mérite un moment de spéciale attention. C’ est en 1528 que nos corsaires reçurent de François Ier des « lettres de marque », mais la tradition de la « course» en remonterait plus haut, à preuve, selon M, VEYRIN, ces traités de « bonne correspondance » que Basques de France et Basques d’Espagne signèrent, en vue surtout, de s’ épargner mutuellement des rigueurs qu’ils infligeaient volontiers aux autres vaisseaux de leurs nations respectives,

L’institution de ces curieux traités était destinée à un état de choses qui durait déjà depuis longtemps et il n’est pas douteux que dès le moyen âge la plupart des ports du golfe de Biscaye ressemblaient plus ou moins à des nids de pirates!

 

Pirates et corsaires

Il importait de mettre un peu d’ordre et de morale dans ces activités courageuses, mais barbares et vous apprécierez avec moi la conclusion imagée et juste de M, VEYRIN: « De la piraterie à la course il y a à peu près la différence du vol sur les grands chemins à la saisie judiciaire, C’est du moins à quoi tendent à partir du XVIe siècle les « lettres de marque », d’abord simple mesure de représailles, Ainsi Henri IV, en 1590, octroie de telles lettres à Michel DE CHEVERRY, « marinier de St-jean-de-Luz », dont un navire de 460 tonneaux avait été enlevé par les Anglais. Un peu plus tard ces corsaires d’occasion devinrent chargés d’une véritable mission officielle, désormais autorisés à opérer en temps de guerre pour le compte du souverain. »

La vie aventureuse des Basques : les corsaires sous Louis XIV

Sous le règne de LOUIS XIV, Colbert réglemente les lois de la course: le bateau paie caution et, si la prise est déclarée bonne, la vente s’effectue par les soins de l’Amirauté avec partage entre l’armateur et l’équipage. Les plus fameux corsaires du XVIIe siècle sont DUCONTE, CÉPÉ, HARISMENDY,D’IBUSTY, COURSIC et Renaud D’ELISSAGARAY, qui inventa la galiote à bombes. (…) Ainsi, son invention fut utilisée pour la première fois devant Alger en 1682, et avec efficacité.

Au XV ème siècle la vie aventureuse des Basques, et le nombre des corsaires diminuent, mais les exploits des LARREGUY et des SOPITE témoignent toujours de leur intrépidité.

 

Les derniers corsaires

La course va cesser sous la Restauration en jetant ses derniers feux avec GARAT. Et surtout le légendaire PELLOT, d’Hendaye, qu’on a surnommé « le Renard des mers ».

Dans un article écrit peu de temps avant sa mort, Claude FARRÈRE, en sa double qualité de marin et de grand ami du pays basque où il s’était retiré, célébrait en connaissance de cause les exploits de tous les corsaires luziens et autres. De plus, il se félicitait qu’on puisse encore retrouver après 300 ans et plus « quelques traces locales de l’admiration et de I’ enthousiasme que suscitèrent leurs exploits parmi leurs contemporains ». Il existe, en effet, à Saint-Jean-de-Luz, une rue Sopite, pareillement une rue Cépé et une rue Pellot à Biarritz. Et Claude Farrère conclut: « Qui se souvient, hors de l’Eskual-Herri, de ces héros obscurs PELLOT, CÉPÉ, SOPITE ? » Sans doute, mais il est bien qu’au pays au moins leur souvenir soit resté fidèle.

Les missionnaires dans la vie aventureuse des BASQUES

Pour brosser un tableau complet de la vie aventureuse des basques (…), on ne saurait oublier le domaine évangélique et le dévouement courageux des missionnaires basques.

Depuis le XVI » siècle, sans interruption, la Mission basque se manifeste au Brésil. au Mexique, au Japon, au Pérou, aux Philippines, en Patagonie. A l’heure actuelle, surtout en Extrême-Orient. Au Séminaire des Missions étrangères de la rue du Bac, le contingent basque est toujours important. Et, malgré les périls, l’élan et l’ardeur subsistent.

 

François Xavier, un dernier exemple de la vie aventureuse des Basques

Sur cette foule presque anonyme qui perpétue l’apostolat euskarien (…)plane, tel un goéland, François XAVIER, leur maître d’aventures. A la demande de JEAN III du Portugal, il abandonne Ignace de LOYOLA et ses premiers compagnons pour s’ embarquer sans autre équipement que son bréviaire et ses livres. Ainsi, il  gagne Goa, Malacca, ne s’arrêtant que devant les portes de la Chine, dans l’île de Sancian où il expire en 1552, âgé de 46 ans. La tradition souligne qu’il meurt en récitant le Pater en basque … suprême inspiration, (…)  »

d’ après Jules Mihura, 1957. Les phrases longues se découpent en phrases plus simples , selon la règle de Google. L’internaute d’aujourd’hui selon Google, même si il s ‘ intéresse à la  VIE AVENTUREUSE DES BASQUES,  parait  un peu inculte!

Nota, les sous-titres ont été ajoutés par le webmaster.

 

 

 

 

En savoir plus sur les explorations Basques

Enfin, pour compléter cet article, le visiteur  trouvera  au Musée Basque d’autres informations.