Cathédrale Sainte Marie de Bayonne

Haut lieu de la cité, la Cathédrale de Bayonne (Sainte-Marie de Bayonne) constitue, par son emplacement, le point de départ des itinéraires  touristiques.

Parmi ses grandes sœurs les cathédrales de France, Notre­-Dame de Bayonne se distingue par la pureté de son style, et la finesse de ses lignes. Elle a  le privilège d’être complètement achevée et de donner une heureuse impression de symétrie et d’harmonie.

 

La cathédrale de Bayonne s’élève au point culminant de l’oppidum romain de Lapurdum. Lapurdum: il s’ agit, en effet  le nom donné par les Romains à cette cité, sur l’emplacement de l’ancienne église Sainte-Marie. La première église qui, croit-on, aurait pris la place d’une tour de l’abside, qui encadre le choeur.

REPERES

La première construction de style roman s’effectue sous l’impulsion de l’ Evêque Raymond de Martres. A la suite d’un incendie en 1258 dans toute la ville, le feu atteint partiellement la cathédrale.  La reconstruction commence sous la direction d’un maître de Champagne, en style gothique,  et les travaux durent plus de 200 ans. Les anglais quittent Bayonne le 20 Août  1451. Les Français victorieux pénètrent à Bayonne après trois siècles d’occupation anglaise. Une croix blanche apparait dans le ciel de la ville. Plus tard, au XIX siècle, un élève de Viollet le Duc, Emile Boeswillward, complète les tours par deux flèches. Le généreux donateur des travaux s’appelle Jacques Lormand, banquier et habitant de Bayonne . Plus récemment, l’ Etat a procédé à son ravalement à l’occasion du centenaire de la mort du Cardinal Lavigerie.

VISITE DE LA CATHEDRALE DE BAYONNE

Le portail

Avant d’entrer, admirez le portail du XIII siècle , avec de thèmes de la Vierge Marie et du Jugement dernier.

La  nef

Entrez dans la cathédrale et passez vers le bas-côté de droite : vous apercevrez, aussitôt, l’ancienne sacristie du XVIIe siècle, dans la fenêtre de laquelle ont été placés des vitraux aux armes des derniers évêques de Bayonne. On découvre un passage donnant sur le cloître, se trouve la chapelle de Saint­-Léon, martyr, apôtre et premier évêque de Bayonne (IXe siècle). Elle contient le tombeau de Monseigneur Lacroix, sous l’épiscopat duquel (1838-1878) furent construites les flèches de la cathédrale.

Dans l’entrée de la sacristie une clef de voûte attire l’oeil par le décor d’ un vaisseau bayonnais. A l’intérieur se trouvent deux admirables portes de pierre sculptée. Elles échappèrent aux destructions de la révolution. Leurs tympans, aux personnages nombreux représentent, à droite, le Jugement dernier, et à gauche le Triomphe de la Vierge.

Cinq des sept chapelles de l’abside doivent leur décor au peintre Steinhel (1814-1885) et la dernière par son fils. Elles sont dédiées, dans l’ordre, à sainte Anne, au Sacré-Cœur, à saint Jean-Baptiste de la Salle (statue de Réal dei Sarte), la sainte Vierge, saint Joseph, saint Pierre et saint Martin.

Le tour de l’abside achevé,  laissez, pour l’instant, le porche nord. Sur sa porte se trouve un beau heurtoir de bronze de la fin du XIIIe siècle. Vous pouvez continuer le tour de l’édifice par le second bas-­côté et ses chapelles. Celle de saint Jérôme, la seconde après celle de Notre-Dame de Lourdes, contient le plus beau vitrail.

La voute

Revenons au point de départ, sous la tribune des grandes orgues (1865). Vous pouvez admirer la grande nef, élégante et claire, avec ses douze piliers, ses galeries ajourées, ses voûtes de style gothique rayonnant (XIVe siècle).

Leurs « clefs » sont un curieux témoignage de la situation politique de Bayonne à cette époque. On y voit, en effet, les armes d’Angleterre (3 léopards d’or sur fond de gueules). On y voit aussi les armes de France (3 fleurs de lys d’or sur fond d’azur)! Les verrières hautes de la nef sont du XVIe siècle. La chaire, en bois des Canaries, date de 1760.

Le choeur

Dans le chœur se détache, au-dessus du maître-autel, un élégant « ciborium » ou baldaquin en bois doré et sculpté. Le trône épiscopal est du même style.  Comme le maitre-autel ils sont de construction récente. Enfin, au-dessous du maître-autel s’étend une crypte où reposent les corps de plusieurs évêques de Bayonne.

 

LE CLOITRE

 

Continuons. On ne peut pas quitter la cathédrale sans aller admirer son cloître. L’un de ses côtés a disparu, au profit de la sacristie et de la chapelle Saint-­Léon. Toutefois, les trois autres côtés  subsistent en parfait état, grâce à plusieurs restaurations. Ainsi, ils apparaissent  comme un pur joyau du XIIIe siècle, avec leurs vingt baies géminées de style rayonnant. Enfin,  à l’intérieur, nombreux sont les vestiges de tombeaux mutilés. On y découvre aussi les inscriptions, les ferronneries, souvenirs des temps où les notables de Bayonne souhaitaient être ensevelis au cloître.  C’étaient aussi lieu de délibérations publiques.

Finalement, en vous promenant du côté sud, vous aurez la plus belle vision de la cathédrale prise de profil. Admirez  ses contreforts, ses flèches, portant la cathédrale. Elle séduira les plus profanes et provoquera photo ou même selfie.  Maintenant, vous pouvez sortir et continuer la découverte de Bayonne.

On peut lire ci dessous la description de l’abbé Bourassé, en 1887.

 

NOTRE-DAME DE BAYONNE, par l’Abbé Bourassé

 

Les premiers siècles

L’époque de l’introduction du christianisme à Lapurdum, nom primitif de Bayonne , est entièrement incertaine. Les populations de ce pays restèrent longtemps indociles au joug de la foi.  l’Évangile leur eût été annoncé des la fin du IVe siècle , en 381, par un évêque nommé Itcassicus, suivant une vieille charte d’abbaye mentionnée dans la chronique de Compaigne, auteur qui écrivait en 1660 avec une judicieuse critique.

Saint Léon

les Bayonnais cependant révèrent comme leur premier apôtre le martyr saint Léon, missionnaire éloquent, né en Normandie, et contemporain de Rollon. Suivant une légende qui abonde en faits merveilleux, il vint, au commencement du X° siècle , prêcher la bonne nouvelle aux habitants de la côte basque , presque tous adonnés à la piraterie et au polythéisme. En récompense de ses efforts, il reçut la couronne du martyre. Quelques esprits difficiles, furieux de ses saintes remontrances, ameutèrent la multitude contre le serviteur de Dieu, qui fut décapité sur les bords de la Nive.

Les invasions

Le territoire de Bayonne fut la proie de toutes les invasions des barbares du Nord. En 406 parurent les Alains comme les précurseurs des innombrables légions qui devaient bientôt inonder l’Europe entière. En 419, les Visigoths s’établirent dans la Novempopulanie, et en demeurèrent tranquilles possesseurs jusqu’a ce qu’ils en fussent chassés par les armes victorieuses de Clovis. Vers 588 arriva l’invasion des Vascons ou Basques de la haute Navarre.

Bientôt après , en 602, une armée formidable, envoyée par les rois Thierry et Théodebert, remit la Contrée sous la puissance des Francs. Enfin, vers 841, quelques chefs normands pénétrèrent dans l’Adour, et s’étant emparés de Bayonne, qui devint le point de départ de leurs expéditions armées, ils se rendirent assez redoutables pour soutenir une longue lutte contre les ducs de Vasconie, qui ne parvinrent a les expulser ou a les soumettre que vers la fin du Xe siècle (note 1).

Note 1  On pourra consulter sur la cathédrale de Bayonne un travail savant du colonel Gleizes, publié dans le tome V des Mémoires de la Société archéologique du midi de la France.

 

A cette époque, la foi chrétienne, restaurée par les prédications de saint Léon, amena dans le pays une transformation sociale, des moeurs plus douces, un régime régulier. Au XIlC siècle , Lapurdum , au milieu de vicissitudes sans nombre, changea son nom contre celui qu’ elle porte actuellement, en l’ empruntant à deux mots biscayens, baïa-ona , qui signifient bonne baie.

Construction de la cathédrale

« Il n’ est resté des temps barbares, dit le colonel Gleizes, que des traces de camps fortifiés. Mais nous voici arrivés à une époque de renouvellement et de triomphe, où le christianisme, fort de ses croyances, inspiré par l’art revenu d’Orient avec les croisés , a posé de toutes parts en Europe les fondements de ses immortelles basiliques. Celle de Bayonne fut commencée vers le milieu du XII° siècle , sous le dernier duc de Guyenne, travail immense qu’une génération entreprend , et qui est l’ oeuvre d’une grande époque. C’ était à d’autres temps et à un autre peuple qu’il était réservé d’assister à sa consécration. Sous un ciel souvent voilé par les brumes de l’Océan, ce symbole vénérable du christianisme apparait de loin , sombre, noirci par le temps , au milieu d’un site frais et riant , ou la nature semble avoir voulu rapprocher tout ce qu’elle a de gracieux et d’imposant. »

Le plan

 

Le plan de la cathédrale de Bayonne est grand et régulier; il est à trois nefs , mais le transept n’est indiqué que par l’espacement des travées a la naissance du choeur. La plus grande longueur de l’ église intérieurement est de soixante – dix – huit mètres ; sa largeur, non compris les chapelles, est de vingt-huit mètres.

 

De 1140 à 1336

La détermination des époques diverses auxquelles appartiennent la fondation de la cathédrale et la construction des parties les plus considérables est très intéressante pour l’histoire de l’art. Ce travail a été fait consciencieusement par le chanoine Veillet, dans de longues recherches rédigées avec soin, mais restées manuscrites. Les dates concordent parfaitement avec les styles d’architecture, et la science peut recevoir ici une nouvelle confirmation de ses principes de critique. L’église fut fondée en 1140 ou 1141, ainsi qu’il résulte d’une enquête faite en 1152 et consignée au Livre d’or , recueil des actes capitulaires. Le choeur et l’abside remontent, dans leurs proportions les plus belles, à ce même XII° siècle.

Le XIII siècle

Une partie du clocher et les basses nefs furent bâties dans les premières années du XIVe siècle.

Dès l’année 1335, la haute nef était en construction. Et la preuve en est tirée de la présence, en deux endroits de la voûte des armoiries du cardinal Guillaume Gaudin. Ce cardinal, mort en 1336, énumère dans son testament les sommes qu’il avait données peu de temps auparavant pour entreprendre les arcades de la voûte principale et de la voûte du transept, ainsi que pour placer des vitraux peints.

De 1336 à 1605

Les dernières travées de la nef ne doivent pas remonter au delà des premières années du XV° siècle , comme l’indiquent suffisamment les caractères plus récents de l’architecture ogivale prismatique , et comme le démontre le placement des armoiries d’Angleterre et celles de France, tellement rapprochées qu’elles doivent se rapporter à l’ époque de 1430, lorsque les prétentions du roi d’ Angleterre eurent été confirmées par le faible Charles VI; alors I’ écu britannique fut écartelé des trois fleurs de lis. Enfin le clocher, commencé en 1501, fut continué en 1515 jusqu’en 1544; le pavillon qui le couvre est de  1605.

Architecture

L’intérieur de la cathédrale de Bayonne est remarquable par la grandeur et l’harmonie. On y reconnaît ce cachet de noblesse propre á l’architecture qui y domine. Les architectes inconnus de cette oeuvre de plusieurs siècles semblent avoir été trop préoccupés des conditions de durée et de stabilité. Ce n’ est plus la grâce de Saint­Just de Narbonne et de Sainte-Cécile d’Albi; mais c’est toujours la même fermeté dans les lignes, la même symétrie dans les coupes.

Ornements

Si les ornements ont été répandus avec une certaine sobriété , ceux qui existent sont traités avec talent. La déIicatesse et le fini du travail se font spécialement remarquer dans les découpures de la galerie, les nervures des voûtes , qui sont d’une grande correction , et les roses des deux bras de la croix, qui brillent de toute la beauté des plus riches fleurs gothiques. Il règne dans tout l’intérieur de cette cathédrale un demi-jour mystérieux, favorable au recueillement et à la prière.

 

Colonnes et chapiteaux

L’ église entière est portée sur deux rangs de piliers carrés , dont six se distinguent des autres par leurs fortes proportions : ils ont plus de deux mètres sur chaque face. Par ailleurs, plusieurs colonnettes , groupées autour de la masse des piliers, sont surmontées de chapiteaux variés, à la hauteur du plan d’imposte des chapelles. Des arêtes ogivales, partant de chacun de ses appuis , s’ élancent jusqu’à la clef des voûtes , à une élévation si considérable, que l’on distingue à peine les médaillons ciselés aux armes d’Angleterre portant les trois léopards.

 

La galerie

Autour de la nef et du choeur, à la hauteur de la naissance des grandes arcades, marquée par les chapiteaux qui couronnent les pilastres , règne une belle galerie. Elle même est  percée d’arceaux en ogive et décorée de colonnettes et de trèfles. Le triforium, ainsi disposé , ne serait pas indigne de figurer au nombre des plus curieux du même âge ; il lui manque seulement d’être transparent.

Bas côté

Le bas côté de l’église qui s’appuie sur le cloitre n’a point de chapelles intérieures. Aussi les collatéraux offrent-ils une grande largeur, surtout au chevet, qui a la forme d’un hémicycle, entouré de cinq belles chapelles absidales semi-circulaires. La nef latérale gauche présente un rang de chapelles accessoires. Elles font partie du système de contreforts destinés à soutenir l’ édifice. Dans la chapelle de Saint-Léon on voit des sculptures en pierre qui peuvent être attribuées à la renaissance, et dont les sujets sont assez curieux.

 

Les statues

On distingue un groupe nombreux d’anges agenouillés, portant des flambeaux ; un autre groupe représente quatorze personnages qui jouent de divers instruments de musique, où l’on remarque une sorte de violoncelle, une cornemuse et ce qu’on appelle vulgairement un tambour de basque. Dans un encadrement voisin, le Père éternel, dans une posture pleine de majesté, est entouré d’anges qui tiennent des encensoirs, de lions ailés qui figurent les animaux symboliques de l’Apocalypse , et d’une multitude de saints et de bienheureux qui composent la cour céleste.

Deux évangélistes, sculptés en haut relief, sont debout à chacune des retombées des archivoltes. Ce travail est riche de détails et d’ expression.

Extérieur

L’extérieur de la cathédrale de Bayonne est extrêmement simple. L’ oeil est frappé de la lourdeur des masses, qui n’ est dissimulée par aucun artifice de construction. La façade du côté de l’ évêché n’ a jamais été terminée. L’entrée latérale, sur la place publique, est précédée d’un narthex élevé de plusieurs degrés pour atteindre au niveau du parvis. C’est une espèce de dais ou de pavillon, soutenu sur des arcs en ogive qui viennent s’appuyer sur deux pilastres(…)

Le CLOITRE

Le cloitre qui accompagne cette cathédrale est fort remarquable. Il est analogue à ceux d’Arles et d’Elne; mais il présente des particularités propres à intéresser les antiquaires. Un accident avait fait craindre pendant quelques instants pour sa solidité. Sur les dessins du colonel Gleizes et sous son habile direction, des travaux de consolidation et de restauration ont assuré pour longtemps la possession de ce précieux monument(…)

 

Abbé J-J Bourassé, 1887

Le texte a été repris dans son intégralité.Seuls des sous-titres viennent pour faciliter la lecture. Enfin, j’ai du parfois remplacer certaines phrases extrêmement longues par une succession de phrases plus courtes.

 

 

Pratique

  • Entrée libre et gratuite tous les jours, sauf pendant les offices
  • Parking à proximité, par exemple Place des Basques, en face de l’office de tourisme.
  • Prévoir une demi-heure sans guide pour la Cathédrale et le cloitre.
  • Visites guidées possibles à l’Office de Tourisme

 

 

 

 

 

Pour en savoir plus sur Bayonne :

Office de tourisme de BAYONNE

 

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