Serge Blanco et le rugby

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Vous vous intéressez à Serge Blanco et le rugby; l » article ci-dessous, par Mixel Esteban, est  paru pages 8 et 9 de l’almanach Basque de 2005, il y a donc environ 14 ans.

Les sous titres , sauf le premier, ont été insérés dans le texte.

 

Portrait d’un sportif Basque

« Serge Blanco, les vraies valeurs du rugby »

serge-blanco-et-les-vraies-valeurs-du-rugby-300x421 Serge Blanco et le rugby sportifs-biarritz-pays-basque  Serge Blanco rugby actualité Serge Blanco, capitaine de l’ équipe de France

« Seize ans de bonheur au plus haut niveau » pour l’ancien ailier et arrière du XV de France. De 1977 à 1992, Serge Blanco a été 93 fois international. Il a participé à deux grands chelems mémorables, en 1981 et en 1987. Ensuite, il s’est distingué lors de la première Coupe du monde de rugby de 1987, notamment en finale contre l’Australie. Il a laissé dans le monde entier le souvenir d’un style de rugby « à la française ». « À la basque » serait-on tenté de préciser en regardant depuis le stade Aguilera de Biarritz, où il a fait ses premières armes. Et quel plus beau cadeau que de conduire son club de toujours, le Biarritz OIympique, au Parc des Princes pour la finale du championnat de France, en juin 1992.

C’est à ce moment, au faîte de sa gloire, que Serge Blanco a mis un terme à sa carrière de rugbyman, saluant la foule des supporters en liesse depuis le balcon d’honneur de l’Hôtel de Ville de Biarritz.

Fidèle au rugby

Partir pour mieux revenir en fait, puisqu’on le retrouve maintenant à la présidence de la Ligue nationale de rugby. Non, Serge Blanco n’a jamais décroché. Il reste toujours fidèle à ce sport qui l’a conduit à la réussite, tant sportive que professionnelle. C’est sur les pelouses des plus grands stades du monde qu’il a su cultiver cet esprit fougueux et ce caractère bien trempé, indispensables au Pdg qu’il est aujourd’hui.

Serge Blanco et une future équipe Basque

Pour le jeune Blanco, tout a commencé au sein du Biarritz Olympique, où on remarque déjà son style, alors qu’il n’est que cadet. Fidèle au rugby, il est aussi resté fidèle à son club qu’il n’a jamais quitté et pour lequel il couve toujours de grands projets d’avenir. En faire l’épine dorsale du rugby basque. C’est ne pas pour rien que l’équipe professionnelle du BO s’appelle maintenant « Biarritz Olympique Pays Basque ». Le sourire franc, le regard direct, il aime à lancer de grandes idées. Et au pays du rugby, le pays des multiples clochers, Serge Blanco lance un appel à l’union. Alors, sur cette terre basque, l’ancien capitaine du BO défend son idée, quitte à être provocateur, comme pour mieux ouvrir le débat: « L’avenir doit passer par la complicité des communes et des clubs du Pays Basque ». Et de préciser: « II n’y a que cela qui puisse permettre d’engendrer demain une équipe du Pays Basque ».

« Équipe du Pays Basque », l’idée est lâchée alors que le rugby professionnel a fait son entrée, avec  ici deux clubs distants de moins de dix kilomètres: le Biarritz Olympique Pays Basque et l’Aviron Bayonnais. Et si aujourd’hui encore, c’est l’esprit de clocher qui prime, chacun sait que tout ou tard, des rapprochements devront se faire. Ils suivront l’évolution du rugby.

un visionnaire

En attendant, Serge Blanco poursuit son idée: « II faudra bien sûr, construire un grand stade de 15 000 places à un emplacement adéquat, constituer une société sportive, sans toutefois faire disparaître les clubs existants. Il faudrait que cette société soit l’émanation de tous les clubs du Pays Basque, de Baigorri à Hendaye en passant par Mauléon, Cambo, Bayonne, Biarritz, Saint-Jean-de-Luz et tous les autres ». On sait que Serge Blanco n’a pas l’habitude de lancer des idées dans le vide. Il aime les transformer.

Exemple de transformation réussi, Serge Blanco a été un des promoteurs actifs de la professionnalisation du rugby.  Il sait maintenant quelles sont les potentialités de ce sport, mais aussi ses limites: « Le rugby est toujours aussi populaire. À Toulouse, le stade de 20 000 places se remplit assez souvent. À Perpignan, il ya un stade de 15000 places, ainsi qu’à Montferrand. L’image du rugby se développe certes, mais nous avons besoin d’efforts supplémentaires pour que ce sport devienne incontestable.

 

le rugby et l ‘argent

Pour l’améliorer dans l’immédiat, nous demandons un engagement de tous, car il n’y a guère que les présidents des clubs qui fournissent des efforts, financiers. Les joueurs ne se rendent pas toujours compte que la vache à lait peut se tarir. Il est ainsi inconcevable que l’on paie des joueurs à un prix élevé sans toujours offrir la qualité de jeu. Il y a quinze ans, un joueur touchait entre 10 000 F et 20 000 F par mois.

Aujourd’hui, cela peut aller à un salaire dix fois plus important. Mais pour gagner cela, il faut jouer, sinon le système va s’effondrer. » On pourrait ajouter aussi que dans un contexte de rugby professionnel de plus en plus coûteux, les subventions municipales ne sont pas extensibles et les aléas économiques limitent le sponsoring pour les clubs les plus petits.

Entre hier et aujourd’hui, une page se tourne. Et le fossé se creuse justement sur le plan financier.

« A l’époque, le rugby était un sport amateur, se souvient Serge Blanco, et en tournée, notre défraiement journalier s’élevait à 80 F ! Nous devions prendre des congés pour jouer. Pour ma première tournée internationale en 1979, j’ai même déposé des congés sans solde pour six semaines ».

Serge Blanco et le rugby

On comprend que l’avenir du rugby soit au professionnalisme. Mais pas à n’importe quel prix : « Nous avons certes une évolution plus rapide que d’autres sports comme le basket, mais par contre très différente du football. Faut-il d’ailleurs atteindre ce niveau-là ? Le football est-il une valeur ou une folie? Je souhaite que le rugby devienne un sport professionnel, mais avec de vraies valeurs, comme l’esprit sportif, le respect de l’autre. Et pour cela, il faut aussi une approche financière qui ne soit pas extravagante. Le sport professionnel peut devenir un business allant dans des sphères que l’on ne maîtrise plus. Ce n’est pas cela que je veux pour le rugby. »

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Serge Blanco dans l’ almanach Basque

Serge Blanco et le Pays Basque

 

Mais l’idée d’un Pays Basque jouant à l’unisson n’est pas seulement guidée par des préoccupations financières. Serge Blanco est attaché à son Pays Basque, qu’il n’a d’ailleurs jamais quitté : « Cet attachement me vient de ma mère qui est Basque. C’est vrai, j’aurai pu faire du sport ailleurs, créer une entreprise ailleurs, mais lorsque l’on est attaché au pays, à sa qualité de vie, on essaie d’y rester. Alors, j’ai décidé d’ investir ici. Pour moi, le Pays Basque est ma bouffée d’oxygène. Ailleurs, je respire moins bien. »

Mixel Esteban

 

NOTA :Cet article sur Serge Blanco et le rugby est  paru pages 7 à 9 de l’almanach Basque de 2005, il y a donc environ 14 ans.

les sous titres sont inclus par le web master, pour meilleure visibilité par GOOGLE? mais ne font pas partie de l’article écrit par Mixel Esteban.

 

Bravo, Monsieur Blanco, vous avez dit, mieux que moi, ce que de nombreux Basques pensent, qu’ ils soient socios ou non.

Pour mieux comprendre, voir le site du Biarritz Olympique

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Norbert, le webmaster de biarritz-guide.com. Contributeur principal de biarritz-guide.com. Marié, habite Bayonne à temps plein. Bénévole d'une association importante de Bayonne.

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