Aucun visiteur, même pressé, ne peut partir sans visiter Bayonne en détail.

Il y a au moins trois raisons.

  • La première est que c’est la capitale historique du Pays Basque, le siège de la sous -préfecture, de l’Evêché,  et une ville déjà habitée par les Romains.
  • La seconde est que la ville recèle de nombreux souvenirs  répartis sur deux mille ans.
  • Et la troisième est qu’on y trouve aussi de multiples raisons gastronomiques ou culturelles, festives ou austères, de s’y arrêter.

REPERES GEOGRAPHIQUES  ET HISTORIQUES

Bayonne fut jadis, sous le nom de Lapurdum, un castellum romain dont les vestiges sont encore visibles dans quelques unes de ses murailles.  On dit que l’Officier Romain rêvait, pour sa carrière, d’y faire venir Jules César, prendre les eaux dans les environs..

Au XIIe siècle, Lapurdum laissa ce nom à la province basque française du Labourd pour prendre celui de Bayonne (ibaï ona : bonne rivière): Bayonne n’est cependant une ville basque que par l’étymologie de son nom et sa position géographique, qui en fait la capitale administrative et religieuse du Pays Basque français.

Mais c ‘est parfois une cité Gasconne. En effet,  ses archives furent rédigées pendant des siècles dans cette langue qu’on y parla longtemps et qui y a son académie.

La ville est bâtie sur les bords et au confluent du fleuve gascon l’Adour et de la rivière basque la Nive. De mêle,  Bayonne est aussi,  le confluent des deux races gasconne et basque. On lira par ailleurs l’histoire du détournement du cours de l’ Adour, qui a modelé la ville.

Vieille ville par son âge, Bayonne n’est cependant pas endormie. Depuis bon nombre d’années, elle a su se moderniser, perçant, notamment en plusieurs points la ceinture des remparts dont Vauban l’a entourée, donnant à ses voies d’accès et à ses principales avenues les nécessités  de la circulation moderne. Et même si des embouteillages mémorables sont dus aux travaux en cours du « Trambus ».

 

BAYONNE VU DU PONT SAINT-ESPRIT

 

Autrefois, les voyageurs arrivaient fréquemment par le Nord, au  Quartier SAINT ESPRIT. Ce quartier  garde une physionomie particulière grâce au cachet pittoresque de certaines de ses rues.

La vieille église du quartier a néanmoins ses lettres de noblesse. En effet,  ancienne collégiale, elle date du XVe siècle et Louis XI l’honora de ses privilèges.

Passée la place de la République, toujours animée, vous voici à l’entrée du pont Saint-­Esprit. Il traverse  l’Adour, large et majestueux sur ce point de son parcours où il va confluer avec la Nive.  (le tout en travaux en 2018)

Du pont, Bayonne s’offre à vous en un premier panorama qui ne manque pas d’allure. A votre droite, le quai de Lesseps s’allonge au pied de la citadelle qui domine toujours la cité qu’elle défendait autrefois.

Après le quai de Lesseps, et toujours à votre droite, le regard embrasse toute l’étendue du port sur les deux rives du fleuve.

 

la Place du Réduit

Passé le pont Saint-Esprit, vous trouverez à main droite une place triangulaire à la pointe de laquelle se rejoignent l’Adour et la Nive. Sur cette esplanade, autrefois occupée par l’ouvrage du « Réduit », se dresse la statue d’un des fils de la ville. Il s’agit du cardinal Lavigerie (1825-1892), primat d’Afrique, fondateur des Pères Blancs et de la Société antiesclavagiste.

Laissez, pour l’instant, le pont Mayou qui suit, et prenez à votre gauche la rue Frédéric-Bastiat. Quelques pas à peine et vous voici au musée Bonnat, fermé pour encore quelques années. Il ne sera donc pas décrit ici dans le détail.

A proximité sur la Nive, vous trouverez le Musée Basque, ancienne maison Dagourette, décrite par ailleurs.

DU PETIT AU GRAND BAYONNE

 

En sortant du Musée Basque, vous pourrez, à votre gauche, remonter la rue Marengo jusqu’à l’église Saint-André que vous apercevez du seuil du musée. Sa façade, flanquée de deux tours, s’élève sur une large esplanade. A sa droite, le Château- Neuf  domine la place Paul Bert, que les étudiants et les amateurs des courses de  vachettes connaissent bien.

 

Les 4 ponts sur la Nive

Quatre ponts traversent la Nive et limitent ces deux quartiers. Ce sont, d’amont en aval: le pont du Génie, , qui part de l’ ancien Arsenal et aboutit à l’enceinte primitive de la ville, dont deux tours très anciennes subsistent encore dans la pittoresque rue Tour-de-Sault; le pont Pannecau, faisant suite à l’une des rues les plus animées du Petit Bayonne; le pont Marengo lui-même et, à sa droite, le pont Mayou à l’entrée duquel vous avez, au début de cette visite, bifurqué pour prendre la route des Musées.

En remontant vers la Cathédrale

Il vous faut maintenant monter vers la cathédrale, monument majeur de la cité. Avant de traverser le pont Marengo, tout fringant sous son tablier neuf, car il vient d’être restauré, embrassez d’un regard la rive gauche de la Nive et ses quais. Vous y remarquerez quelques façades de maisons aux poutrelles rouges apparentes, derniers vestiges d’une architecture autrefois courante à Bayonne et où se sent l’influence de l’Espagne toute proche.

Le pont Marengo franchi, par l’étroite et courte rue Port-de-­Castets – jadis conquise, comme ses voisines parallèles, sur les eaux de la Nive – vous débouchez au carrefour des Cinq-Cantons et attaquez la rampe, très abordable, de la rue Argenterie, qui vous mène au chevet de la cathédrale.

 

Visiter BAYONNE et sa Cathédrale

 

Parmi les cathédrales de France, Notre Dame de Bayonne se distingue par la pureté de son style,et l’ impression de symétrie et d’harmonie.

La cathédrale de Bayonne s’élève, au point culminant de l’oppidum romain de Lapurdum, sur l’emplacement de l’ancienne église Sainte-Marie. D’ ailleurs, la tradition dit qu’elle aurait pris la place d’un temple païen. Commencée au début du XIIIe siècle, la cathédrale était achevée au XVIe, à l’exception de ses flèches. En effet, ‘elles ont été construites dans la seconde partie du XIXe siècle.

Afin d’ avoir une idée d’ensemble de l’intérieur de la cathédrale, passez, sans le franchir, devant le porche nord qui s’offre à vous sur la place Louis-Pasteur, et présentez-vous au porche ouest, face à la rue de l’Abesque (l’Evêque en gascon). Ce porche date du XVe siècle. On remarque, au-dessus de la porte et sur les côtés, les traces de nombreuses statues détruites sous la Révolution française.

L’intérieur

Quelques marches descendues, vous voici à l’intérieur de la cathédrale. Elle mesure 80 mètres de long et 33,50 m de large. Sa forme est celle d’une croix latine à sept travées. elle a trois nefs et des chapelles latérales. La grande nef centrale est haute de 26,50 mètres, les bas-côtés de 12 mètres. D’ ailleurs,  ils se poursuivent autour de l’abside. Cette dernière  encadre le chœur sur laquelle donnent sept chapelles rayonnantes.

Engagez-vous dans le bas-­côté de droite. Vous apercevrez, aussitôt, l’ancienne sacristie du XVIIe siècle, avec des vitraux aux armes des derniers évêques de Bayonne. A la suite de cette sacristie et d’un passage donnant sur les cloîtres, se trouve la chapelle de Saint-Léon, martyr, apôtre et premier évêque de Bayonne (IXe siècle).

La sacristie

Dépassez  la sacristie, à l’entrée de laquelle une clef de voûte est ornée du vaisseau bayonnais. A l’intérieur se trouvent deux admirables portes de pierre sculptée qui échappèrent aux destructions révolutionnaires. Leurs tympans, aux personnages nombreux représentent, à droite, le Jugement dernier, et à gauche le Triomphe de la Vierge.

Cinq sur les sept chapelles rayonnantes de l’abside ont été décorées par le peintre Steinhel (1814-1885) et la dernière par son fils.

L’autre bas côté

Le tour de l’abside achevé, vous laissez, pour l’Instant, le porche nord et sa porte sur laquelle se trouve un beau heurtoir de bronze de la fin du Xllle siecle : vous continuez le tour de I’ édifice par le second bas côté et ses chapelles. Celle de saint Jérôme, la seconde après celle de Notre-Dame de Lourdes, contient le plus beau vitrail de la cathédrale; il date de 1531 et représente la prière de la Chananéenne. La composition en est admirable et les tons extraordinairement chauds. Au bas de la scéne, deux personnages agenouillés en costumes du XVle siècle, représentent probablement les donateurs du vitrail.

Souvenirs anglais

L’ensemble est surmonté des armes de François ler. Suivent les chapelles du Crucifix, de Saint-Léon, de Saint-­Michel, des Anges Gardiens. Dans cette dernière, une plaque commémorative rappelle le miracle relaté par les chroniqueurs du temps en date du 20 août 1451.En effet,  ce jour-­là, les Français victorieux pénétrèrent à Bayonne après trois siècles d’occupation anglaise. Et, miracle,  une croix blanche apparut dans le ciel de la ville.

Leurs « clefs » sont un curieux témoignage de la situation politique de Bayonne à cette époque : il en est, en effet, aux armes d’Angleterre (3 léopards d’ or sur fond de gueules) et d’autres aux armes de France (3 fleurs de Iys d’or sur fond d’azur). Les verrières hautes de la nef sont du XVle siècle. La chaire, en bois des Canaries, date de 1760.

 

LE CLOITRE

 

On ne peut quitter la cathédrale sans aller admirer son cloitre. L’ un des côtés a disparu au profit de la sacristie et de la chapelle Saint-­Léon. Cependant,  les trois  autres apparaissent comme un pur joyau du Xllle siècle, avec leurs vingt baies symétriques de style rayonnant. D’ ailleurs, l’intérieur expose les vestiges de tombeaux mutilés, les inscriptions, les ferronneries, souvenirs des temps révolus.

 

Vous aurez depuis le sud la plus belle vision de la cathédrale prise de profil. Admirez ses contreforts dentelés, ses flèches aigues, portant I’ édifice à 80 mètres du sol.

 

Visiter BAYONNE VERS LE CENTRE

Si vous sortez de la cathédrale par le porche nord, deux voies descendantes  mènent au centre de la ville. A  droite, la rue Argenterie débouche aux Cinq-Cantons, puis  la rue Victor-Hugo.

La seconde, à votre gauche en quittant le porche nord. Elle emprunte la rue de la Monnaie, nommée du temps où l’on frappait des pièces à Bayonne. Elle conduit à l’une des artères les plus pittoresques et  bruyantes de la ville.Il s’ agit de  la rue Port-Neuf, bordée d’arceaux qui ont leur renom. C’est là, en effet, que plusieurs chocolateries et pâtisseries de Bayonne ont leurs salons de vente et de dégustation. Quant aux Arceaux, la jeunesse joyeuse y entretient un incessant va-et-vient. lis attirent, avec les places toutes proches, le plus ardent foyer de liesse pendant les quatre jours des fêtes de BAYONNE.

 

 

LA CEINTURE DE VERDURE

 

Pour commencer, quittez la cathédrale par le porche ouest . Vous descendez ensuite, à votre droite, la rue des Gouverneurs. Elle doit son nom à l’hôtel qui abrita les gouverneurs de Bayonne.  C’est là – une plaque le rappelle – que Napoléon 1er a reçu, en 1808, le roi d’Espagne Charles IV, la reine Marie-Louise et celui qui devait porter quelque temps la couronne d’Espagne : Joseph Bonaparte. Cet hôtel sans cachet fait face à un des plus intéressants monuments de Bayonne, le Château-Vieux, bien nommé. Une partie de I’ enceinte romaine lui sert en effet de base et sa construction remonte au XII ème siècle. Les noms des illustres personnages qui y séjournèrent de 1130 a 1809, figurent  sur une plaque. Parfaitement dégagé,ses soubassements bien adaptés a son style le mettent en valeur. Et ainsi,  le Château-Vieux a grande allure avec ses tours massives et ses épaisses murailles percées de meurtrières. En 2018, la Mairie engage des travaux pour le mettre en valeur.

 

Laissez à votre droite la rue Thiers, qui mène a la place de Gaulle.Puis contournez le Château-Vieux en suivant la place(actuellement en travaux). Vous vous trouvez soudain à l’ entrée de la ceinture de verdure qui entoure une grande partie de la ville.

Rue d’ Espagne

Elle commence, en réalité, à Ia place des Basques où aboutissait notre premier itinéraire. Désormais, vous aurez l’Impression de marcher en pleine nature, sur les larges Glacis. On appelle ainsi les zones inconstructibles jusqu’au début du XX siècle. Vous pourrez aussi, suivre la crète même des remparts en longeant l’avenue Lachepaillet.

OU BIEN, ALLEZ VERS la pittoresque porte d’Espagne, à I’ entrée de la rue du même nom. La création de cette avenue procède d’un souci d’urbanisme bien compris. Longtemps comprimé dans son corset de pierre, Bayonne a su, en effet, s’en dégager sans le détruire brutalement

Et enfin, les fossés entourant Ies fortifications  ont été transformés en lieux de promenade. Ils entourent le très original monument aux morts de la guerre qui fait corps avec la pierre du rempart.

Le monument aux morts

Le monument comporte deux personnages. A gauche un robuste laboureur, coiffé du béret basque, se repose au bout du silIon. Accoudé sur son attelage de boeufs, il représente  la Paix.

En face, à droite, le paysan, devenu soldat, se dresse, appuyé sur son fusil. Entre ces deux symboles, puissamment traités, figurent  les noms de centaines de soldats. La grande majorité appartenait au 49ème régiment d’ Infanterie dont une rue porte le nom. Par ailleurs, quatre plaques commémorent I’ héroïsme des engagés volontaires espagnols, polonais, portugais et tchécoslovaques. Tous partirent de Bayonne au cours de la Campagne 1914-1918.

Ensuite, remontez du mémorial aux Victimes des guerres par I’ escalier monumental qui y donne accès. Enfin,devant vous s’ouvre la longue perspective des Glacis.

Vers la ville moderne.

Plus loin, de l’autre côté, vous longerez l’ Avenue FOCH pour continuer à visiter Bayonne. Enfin,  continuez pour aller visiter les Arènes, dans le quartier du même nom.