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Bayonne, une visite détaillée

Texte à reprendre et simplifier

Bayonne, sous préfecture avec plus de 50.000 habitants, souffre parfois de la comparaison avec Biarritz, la ville phare, bien que moitié moins grande. Ville plus diversifiée, animée toute l’année contrairement aux autres villes de la côte, ses attraits sont nombreux. La vieille ville, les monuments, la Cathédrale, et enfin les musées, en constituent les aimants principaux.

Repères historiques

Bayonne fut jadis, sous le nom de Lapurdum, un castellum romain dont les vestiges sont encore visibles dans quelques unes de ses murailles.

Au XIIe siècle, Lapurdum laissa ce nom à la province basque française du Labourd pour prendre celui de Bayonne (ibaïona : bonne rivière): Bayonne n’est cependant une ville basque que par l’étymologie de son nom et sa position géographique, qui en fait la capitale administrative et religieuse du Pays Basque français.

Elle est surtout une cité Gasconne : ses archives furent rédigées pendant des siècles dans cette langue qu’on y parla toujours et qui y a son académie.

Bâti sur les bords et au confluent du fleuve gascon l’Adour et de la rivière basque la Nive, Bayonne est aussi, pour ainsi dire, le confluent des deux races gasconne et basque, lieu d’origine pour la première, lieu de passage pour la seconde qui lui a laissé à travers les siècles, des apports appréciables, mais insuffisants pour lui faire perdre son caractère spécifiquement gascon.

Vieille ville par son âge et par certains de ses traits, sagement respectés, Bayonne n’est cependant pas une ville vieille. Depuis bon nombre d’années, elle a su se moderniser, perçant, notamment en plusieurs points la ceinture des remparts dont Vauban l’a entourée, donnant à ses voies d’accès et à ses principales avenues les vastes proportions qu’exige la circulation moderne.

BAYONNE VU DU PONT SAINT-ESPRIT

De sa courte vie autonome (il fut rattaché au département des Landes, de la Révolution française à 1857), de son éloignement, relatif, du centre de la ville, le quartier Saint-Esprit garde une physionomie très particulière qu’accentue encore le cachet pittoresque de certaines de ses rues.

Si vous n’avez pas le loisir de vous y engager, remarquez tout au moins la vieille église du quartier, dépourvue de tout style, mais qui a néanmoins ses lettres de noblesse : ancienne collégiale, elle date du XVe siècle et Louis XI l’honora de ses privilèges.

Passée la place de la République, toujours animée, vous voici à l’entrée du pont Saint­-Esprit, sur l’Adour, large et majestueux sur ce point de son parcours où il va confluer avec la Nive.

Du pont, Bayonne s’offre à vous en un premier panorama. A votre droite, le quai de Lesseps s’allonge au pied de la citadelle qui domine toujours la cité qu’elle défendait autrefois.

Après le quai de Lesseps, et toujours à votre droite, le regard embrasse toute l’étendue du port sur les deux rives du fleuve jusqu’à la banlieue de Blancpignon (rive gauche), qui fait face aux usines de Boucau (rive droite), et tout au fond jusqu’au coude que décrit l’Adour, mêlé à la Nive, avant de se jeter dans l’océan.

En face, c’est déjà le cœur de Bayonne. L’hôtel de ville et le théâtre occupent un monument sans grâce, mais robuste, assis entre deux places: celle de la Liberté et celle du Général ­de-Gaulle égayée autrefois par son kiosque; des travaux sont en cours en 2019.

Traversez le pont

Passé le pont Saint-Esprit, vous trouverez à main droite une place triangulaire à la pointe de laquelle se rejoignent l’Adour et la Nive. Sur cette esplanade, autrefois occupée par l’ouvrage du « Réduit », se dresse la statue d’un des fils les plus illustres de la ville le cardinal Lavigerie (1825-1892), primat d’Afrique, fondateur des Pères Blancs et de la Société antiesclavagiste.

Laissez, pour l’instant, le pont Mayou qui suit, et prenez à votre gauche la rue Frédéric-Bastiat. Quelques pas à peine et vous voici au musée Bonnat, bâti à la croisée des rues Frédéric­ Bastiat et Jacques-Lafitte, face à l’Hôtel de la Police.

LE MUSEE BONNAT

(Actuellement fermé pour travaux, ré-ouverture prévue des 2020)

La ville de Bayonne a tout lieu d’être reconnaissante envers un autre fils illustre de son terroir, le peintre Léon Bonnat (1833-1922), car elle lui doit un des plus riches musées qui se puissent voir en province, le plus riche, assurément, par sa collection de gravures et de dessins ( dont Léonard de Vinci). Fruit des recherches poursuivies pendant plus d’un demi­-siècle par l’artiste, le musée Bonnat apparaît aujourd’hui comme un véritable musée des BEAUX ARTS depuis l’Antiquité jusqu’au début du XXe siècle. Compte tenu de sa fermeture, on ne le présente pas.

Pour le Musée Basque   Voir page spéciale

DU PETIT AU GRAND BAYONNE

En sortant du Musée Basque, vous pourrez, à votre gauche, remonter la rue Marengo jusqu’à l’église Saint-André que vous apercevez du seuil du musée. Sa façade, flanquée de deux tours, s’élève sur une large esplanade. A sa droite, dominant la place Paul-Bert, ombragée de très beaux arbres, le Château- Neuf et sa caserne donnent à ce quartier une allure militaire encore accentuée par les spacieux bâtiments de l’Arsenal qui lui font suite.

Si le temps vous est mesuré, le pont Marengo, à quelques pas – à droite, cette fois – du Musée Basque, vous invite à passer vers le Grand Bayonne.

Quatre ponts traversent la Nive et limitent ces deux quartiers. Ce sont, d’amont en aval: le pont du Génie, rebaptisé……, qui part de l’Arsenal et aboutit à l’enceinte primitive de la ville, dont deux tours très anciennes subsistent encore dans la pittoresque rue Tour-de-Sault; le pont Pannecau, faisant suite à l’une des rues les plus animées du Petit Bayonne; le pont Marengo lui-même et, à sa droite, le pont Mayou à l’entrée duquel vous avez, au début de cette visite, bifurqué pour prendre la route des Musées.

Il faut maintenant monter vers la cathédrale, monument majeur de la cité. Avant de traverser le pont Marengo, embrassez d’un regard la rive gauche de la Nive et ses quais, extrêmement animés, surtout si c’est jour de marché. Vous y remarquerez quelques façades de maisons aux poutrelles rouges apparentes, derniers vestiges d’une architecture autrefois courante à Bayonne et où se sent l’influence de l’Espagne toute proche.

Le pont Marengo franchi, par l’étroite et courte rue Port-de­Castets – jadis conquise, comme ses voisines parallèles, sur les eaux de la Nive – vous débouchez au carrefour des Cinq-Cantons et attaquez la rampe, très abordable, de la rue Argenterie, qui vous mène au chevet de la cathédrale.

LA CATHEDRALE NOTRE-DAME

Parmi ses grandes sœurs les cathédrales de France, Notre­-Dame de Bayonne se distingue par la pureté de son style, la finesse de ses lignes et le privilège assez rare d’être complètement achevée et de donner une heureuse impression de symétrie et d’harmonie.

La cathédrale de Bayonne s’élève, nous l’avons dit, au point culminant de l’oppidum romain de Lapurdum, sur l’emplacement de l’ancienne église Sainte-Marie qui, croit-on, aurait elle-même pris la place d’un temple païen. Commencée au début du XIIIe siècle, la cathédrale était achevée au XVie, à l’exception de ses flèches, d’une hauteur de 70 mètres, beaucoup plus récentes puisqu’elles ont été construites dans la seconde partie du XIXe siècle.

Si vous voulez, dès l’abord, avoir une idée d’ensemble de l’intérieur de la cathédrale, passez, sans le franchir, devant le porche nord qui s’offre à vous sur la place Louis-Pasteur, et présentez-vous au porche ouest, face à la rue de l’Abesque (l’Evêque en gascon). Ce porche, aujourd’hui en cours de réfection, clôturé, date du XVe siècle. On remarque, au-dessus de la porte et sur les côtés, les traces de nombreuses statues détruites sous la Révolution française.

Quelques marches descendues, vous voici à l’intérieur de la cathédrale et à même d’en juger l’ensemble. Elle mesure 80 mètres de long et 33,50 m de large. Sa forme est celle d’une croix latine à sept travées; elle a trois nefs et des chapelles latérales. La grande nef c e n t rai e est haute de 26,50 rn, les bas-côtés de 12 mètres; ils se poursuivent autour de l’abside, qui encadre le chœur et sur laquelle donnent sept chapelles rayonnantes.

Engagez-vous dans le bas-­côté de droite : vous apercevrez, aussitôt, l’ancienne sacristie du XVIIe siècle, récemment restaurée et dans la fenêtre de laquelle ont été placés des vitraux aux armes des derniers évêques de Bayonne. A la suite de cette sacristie et d’un passage donnant sur les cloîtres, se trouve la chapelle de Saint-Léon, martyr, apôtre et premier évêque de Bayonne (IXe siècle), qui contient le tombeau de Monseigneur Lacroix, sous l’épiscopat duquel (1838-1878) furent construites les flèches de la cathédrale.

Voici la sacristie actuelle à l’entrée de laquelle une clef de voûte est ornée du vaisseau bayonnais. A l’intérieur se trouvent deux portes de pierre sculptée qui échappèrent aux destructions révolutionnaires. Leurs tympans, aux personnages nombreux représentent, à droite, le Jugement dernier, et à gauche le Triomphe de la Vierge.

Cinq sur les sept chapelles rayonnantes de l’abside ont été décorées par le peintre Steinhel (1814-1885) et la derniere par son fils. Elles sont dédiées, dans l’ ordre, a sainte Anne, au Sacré-Coeur, à saint Jean-Baptiste de la Salle (statue de Réal del Sarte), à la sainte Vierge, à saint Joseph, saint Pierre et saint Martin.

Le tour de l’abside achevé, vous laissez, pour l’instant, le porche nord et sa porte sur la­quelle se trouve un beau heurtoir de bronze de la fin du Xllle siecle : vous continuez le tour de I’édifice par le second bas­-côté et ses chapelles. Celle de saint Jérôme, la seconde après celle de Notre-Dame de Lourdes, contient le plus beau vitrail de la cathédrale; il est daté de 1531 et représente la prière de la Chananéenne à Notre-Seigneur Jésus-Christ en faveur de sa fille possédée. La composition en est admirable et les tons extraordinairement chauds. Au bas de la scène sont agenouillés deux personnages en costumes du XVle siécle, apparemment, les donateurs du vitrail.

L’ensemble est surmonté des armes de Francois ler. Suivent les chapelles du Crucifix, de Saint-Léon, de Saint­-Michel, des Anges Gardiens. Dans cette dernière a été fixée une plaque commémorative du miracle relaté par les chroniqueurs du temps El la date du 20 aoút 1451 : lorsque, ce jour­-là, les Français victorieux pénétrèrent a Bayonne après trois siècles d’occupation anglaise, une croix blanche apparut dans le ciel de la ville. Enfin, la chapelle d’angle – celle des fonts baptismaux – contient une fresque qui date du XVle siecle.

Revenu à votre point de départ, sous la tribune des gran­des orgues (1865), vous pouvez, plus à loisir, admirer, la grande nef, élégante et claire, avec ses douze piliers, ses galeries a jour, ses voûtes de style gothique rayonnant (XIVe siècle).

Leurs « clefs » sont un eurieux témoignage de la situation politlque de Bayonne a cette épo­que : on en trouve, en effet, aux armes d’Angleterre (3 léopards d’ or sur fond de gueules) et d’autres aux armes de France (3 fleurs de Iys d’or sur fond d’azur). Les verrières hautes de la nef sont du XVle siécle. La chaire, en bois des Canaries, date de 1760.

Vous voici dans le choeur où se détache, au-dessus du maitre-autel, un élégant « eiborium » ou baldaquin en bois doré et sculpté. Le trône épiscopal est du même style; comme le maitre-autel ils sont de construction récente. Au-dessous du malître-autel s’étend une crypte où reposent les corps de plusieurs évêques de Bayonne.

LE CLOITRE

ll n’est pas possible de quitter la cathédrale sans aller admirer son cloître. Si l’un des côtés a été malheureusement supprimé au profit de la sacristie et de la chapelle Saint-­Léon, actuellement du grand sacrement les trois qui subsistent en parfait état, grâce à d’intelligentes restaurations, apparaissent comme un pur joyau du Xllle siècle, avec leurs vingt baies géminées de style rayonnant. A l’Intérieur, nombreux sont les vestiges de tombeaux mutilés, les inscriptions, les ferronneries, souvenirs des temps où les notables de Bayonne souhaitaient y être ensevelis.

C’est du cloître sud que l’on découvrira la plus belle vue de la cathédrale prise de profil, de ses contreforts dentelés, de ses flèches aigues, portant, par l’ extrémité de leurs croix, I’édifice entier à 80 mètres du sol. S’enlevant sur un beau ciel d’été d’un bleu transparent, la blanche cathédrale ne peut alors que séduire les plus profanes et provoquer l’objectif ou le selfie!

VERS LE CENTRE DE BAYONNE

Haut lieu de la cité, la cathédrale Notre-Dame est, par le fait même, le point de départ des itinéraires pour aboutir au coeur de Bayonne (places de la Liberté et de Gaulle).

En sortant de la cathédrale par le porche nord, deux voies descendent au centre de la ville. A votre droite, la rue Argenterie, dont la courbe débouche aux Cinq-Cantons (déja traversés à l’aller), est suivie de la rue Victor-Hugo, bordée de boutiques en tout genre.

La seconde, à votre gauche, emprunte d’abord la rue de la Monnaie, qui tient son nom du temps où l’on frappait des pièces a Bayonne. Elle vous conduit, par un violent contraste, a l’une des artères les plus pittoresques et les plus bruyantes de la ville : c’est la rue Port-Neuf, bordée d’arceaux qui ont leur renom. C’est là, en effet, comme dans la rue elle-même, que plusieurs chocolateries et pâtisseries de Bayonne ont leurs salons de vente et de dégustation. « L’heure du chocolat  » reste une tradition plus que centenaire.

Parvenu sur la place de la Liberté, vous pouvez gagner la place de Gaulle, puis le square. Vous atteindrez ainsi la place des Basques,.

LA CEINTURE DE VERDURE

Moins encombré et tout aussi intéressant est le parcours qui s’offre a vous si vous quittez la cathédrale par le porche ouest que nous avions choisi pour y pénétrer. Un coup d’ceil a votre gauche, sur la place silencieuse et comme recueillie où donnent le nouvel évéché et la Maison des CEuvres, tout a coté place Montaut, s’éleve, en son centre, un modeste monument qui rappelle le sacrifice des patriotes bayonnais tombés a Paris, le 27 juillet 1831 ou morts en déportation pendant la dernière guerre.

Vous descendez ensuite, a votre droite, la rue des Gouverneurs. Elle doit son nom a l’hótel qui abrita naguere les gouverneurs de Bayonne avant de devenir le sieqe de la division et des bureaux militaires. C’est la – une plaque le rappelle – que Napoléon [er a recu, en 1808, le roi d’Espagne Charles IV, la reine Marie-Louise et celui qui devait porter quelque temps la couronne d’Espagne : Joseph Bonaparte. Cet hotel sans cachet fait face a un des plus curieux monuments de Bayonne, le Cháteau-Vieux, le bien nommé. Une partie de I’enceinte romaine lui sert en effet de base et sa construction remonte au Xlle siecle. Les noms des illustres personnages qui y séjournèrent de 1130 a 1809, ont été gravés sur la plaque de marbre que le Cháteau porte a son flanc. Parfaitement dégagé, mis en valeur par des soubassements bien adaptés a son style, le Cháteau-Víeux a grande allure avec ses tours massives et ses épaisses murailles percées de meurtrieres.

Laissez a votre droite la rue Thiers, qui mene a la place de Gaulle, et contournez le Cháteau-Vieux en suivant la place Jacques-Portes : vous vous trouvez soudain a l’entrée de la ceinture de verdure qui entoure une grande partie de la ville.

Le centre ville

Elle commence, en réalité, au square Léon-Bonnat et a Ia place des Basques où aboutissait notre premier itinéraire. Désormais, sans quitter le milieu d’une ville, vous aurez l’Impression de marcher en pleine nature, sur les larges allées des Glacis, à l’ombre de I e u r s grands arbres et au pied des remparts de Vauban eux-mêmes couronnés de gazon et d’épaisses frondaisons. Vous pourrez aussi, suivre la crete même des remparts en longeant l’avenue de dix mètres qui les couronnent depuis la rue Jules-Labat, OU vous VOICI parvenu, jusqu’à la porte d’Espagne, a I’entrée de la rue du même nom. La création de cette avenue procède d’un souci d’urbanisme. Longtemps comprimé dans son corset de pierre.

C’est ainsi qu’apres les pentes fleuries du Cháteau-Vieux, les fossés entourant I’ouvrage central des fortifications a I’entrée des Glacis, ont été transformés en des squares coquets. lis entourent l’Imposant et tres original monument aux morts de la guerre qui fait corps, littéralement, avec la pierre du rempart et que precede, en s’échelonnant par de vastes paliers, une esplanade se prétant admírablement aux grandioses cérémonies du souvenir.

Le monument comporte deux personnages. A gauche un robuste laboureur, coíffé du béret basque, se repose au bout du sil Ion, accoudé sur son attelage de boeufs : c’est la Paix.

A droite, le paysan, devenu soldat, se dresse, appuyé sur son fusil, Et I’ entrée de quelque tranchée : c’est la Guerre. Entre ces d e u x symboles, puissamment traités, les noms de centaines de victimes bayonnaises sont gravés. De part et d’autre du monument central, quatre plaques commémorent I’héroïsme des engagés volontaires espagnols, polonais, portugais et tchécoslovaques, qui partirent de Bayonne au cours de la Campagne 1914-1918.

Remontez du mémorial aux Victimes des guerres par I’ escalier monumental qui y donne accès et devant vous s’ouvre la longue perspective des Glacis.

FIN DU TEXTE DE BASE DE 1950