la cathédrale de Bayonne, site touristique

  • par

Une visite s’impose à tous, découvrir la Cathédrale de Bayonne.

Les dix premiers siècles

L’époque de l’introduction du christianisme à Lapurdum, nom primitif de Bayonne , reste incertaine. Les populations de ce pays restèrent longtemps indociles au joug de la foi. Bien que l’Évangile se diffuse dès la fin du IVe siècle , en 381, via un évêque nommé Itcassicus, les Bayonnais cependant révèrent comme leur premier apôtre le martyr saint Léon. Il s’agit bien sûr du patron de Bayonne, missionnaire éloquent, né en Normandie, et contemporain de Rollon. Suivant une légende qui abonde en faits merveilleux, il vint, au commencement du X° siècle , prêcher la bonne nouvelle aux habitants de la côte basque , presque tous adonnés à la piraterie et au polythéisme. En récompense de ses efforts, il reçut la couronne du martyre. Quelques esprits difficiles, furieux de ses saintes remontrances, ameutèrent la multitude contre lui. Il termina décapité sur les bords de la Nive.

Les Alains en 406

Le territoire de Bayonne fut la proie de toutes les invasions des barbares du Nord. En 406 parurent les Alains comme les précurseurs des innombrables légions qui devaient bientôt inonder l’Europe entière. En 419, les Visigoths s’établissent dans la Novempopulanie, et en demeurent tranquilles possesseurs jusqu’à ce que Clovis les en chasse. Vers 588 arrive l’invasion des Vascons ou Basques de la haute Navarre.

Les Francs

Bientôt après , en 602, une armée formidable, envoyée par les rois Thierry et Théodebert, remit la Contrée sous la puissance des Francs. Enfin, vers 841, quelques chefs normands pénétrèrent dans l’Adour, et s’étant emparés de Bayonne, qui devint le point de départ de leurs expéditions armées, ils se rendirent assez redoutables pour soutenir une longue lutte contre les ducs de Vasconie, qui ne parvinrent a les expulser ou a les soumettre que vers la fin du Xe siècle (note 1).

Saint Léon

A cette époque, la foi chrétienne, restaurée par les prédications de saint Léon, amena dans le pays une transformation sociale, des moeurs plus douces, un régime régulier. Au XIlC siècle , Lapurdum , au milieu de vicissitudes sans nombre, changea son nom contre celui qu’ elle porte actuellement, en l’ empruntant à deux mots biscayens, baïa-ona , qui signifient bonne baie.

Construction de la cathédrale

« Il n’ est resté des temps barbares, dit le colonel Gleizes, que des traces de camps fortifiés. Mais nous voici arrivés à une époque de renouvellement et de triomphe, où le christianisme, fort de ses croyances, inspiré par l’art revenu d’Orient avec les croisés , a posé de toutes parts en Europe les fondements de ses immortelles basiliques. La construction de la Cathédrale de Bayonne commence vers le milieu du XII° siècle , sous le dernier duc de Guyenne. Il s’ agit d’ un travail immense qu’ une génération entreprend. Sous un ciel souvent voilé par les brumes de l’Océan, ce symbole vénérable du christianisme apparait de loin , sombre, noirci par le temps , au milieu d’un site frais et riant , ou la nature semble avoir voulu rapprocher tout ce qu’elle a de gracieux et d’imposant. »

Le plan de la cathédrale de Bayonne est grand et régulier; il présente trois nefs , mais le transept n’ apparait que par l’espacement des travées a la naissance du choeur. La plus grande longueur de l’ église intérieurement est de soixante – dix – huit mètres ; sa largeur, non compris les chapelles, est de vingt-huit mètres.

Repères historiques de la Cathédrale de Bayonne

La détermination des époques diverses auxquelles appartiennent la fondation de la cathédrale et la construction des parties les plus considérables est très intéressante pour l’histoire de l’art. Ce travail a été fait consciencieusement par le chanoine Veillet, dans de longues recherches rédigées avec soin, mais restées manuscrites. Les dates concordent parfaitement avec les styles d’architecture, et la science peut recevoir ici une nouvelle confirmation de ses principes de critique. L’église fut fondée en 1140 ou 1141, ainsi qu’il résulte d’une enquête faite en 1152 et consignée au Livre d’or , recueil des actes capitulaires. Le choeur et l’abside remontent, dans leurs proportions les plus belles, à ce même XII° siècle. Une partie du clocher et les basses nefs furent bâties dans les premières années du XIVe siècle.

Dès l’année 1335, la haute nef était en construction. Ce que prouve la présence, en deux endroits de la voûte des armoiries du cardinal Guillaume Gaudin. Ce cardinal, mort en 1336, énumère dans son testament les sommes qu’il avait données peu de temps auparavant pour entreprendre les arcades de la voûte principale et de la voûte du transept, ainsi que pour placer des vitraux peints. Les dernières travées de la nef ne doivent pas remonter au delà des premières années du XV° siècle , comme l’indiquent suffisamment les caractères plus récents de l’architecture ogivale prismatique , et comme le démontre le placement des armoiries d’Angleterre et celles de France, tellement rapprochées qu’elles doivent se rapporter à l’ époque de 1430, lorsque les prétentions du roi d’ Angleterre eurent été confirmées par le faible Charles VI; alors I’ écu britannique fut écartelé des trois fleurs de lis. Enfin le clocher, commencé en 1501, s’ acheva vers 1544; le pavillon qui le couvre date de  1605.

Architecture

L’intérieur de la cathédrale de Bayonne est remarquable par la grandeur et l’harmonie. On y reconnaît ce cachet de noblesse propre á l’architecture qui y domine. Les architectes inconnus de cette oeuvre de plusieurs siècles semblent avoir été trop préoccupés des conditions de durée et de stabilité. Ce n’ est plus la grâce de Saint­-Just de Narbonne et de Sainte-Cécile d’Albi; mais c’est toujours la même fermeté dans les lignes, la même symétrie dans les coupes.

La délicatesse et le fini du travail se font spécialement remarquer dans les découpures de la galerie, les nervures des voûtes , qui sont d’une grande correction , et les roses des deux bras de la croix, qui brillent de toute la beauté des plus riches fleurs gothiques. Il règne dans cette cathédrale un demi-jour mystérieux, favorable au recueillement et à la prière.

Le plan de la Cathédrale de Bayonne

L’ église entière s’appuie sur deux rangs de piliers carrés , dont six se distinguent des autres par leurs fortes proportions : ils ont plus de deux mètres sur chaque face. Plusieurs colonnettes , groupées autour de la masse des piliers, sont surmontées de chapiteaux variés, à la hauteur du plan d’imposte des chapelles. Des arêtes ogivales, partant de chacun de ses appuis , s’ élancent jusqu’à la clef des voûtes , à une élévation si considérable, que l’on distingue à peine les médaillons ciselés aux armes d’Angleterre portant les trois léopards. Autour de la nef et du choeur, à la hauteur de la naissance des grandes arcades, marquée par les chapiteaux qui couronnent les pilastres , règne une belle galerie, percée elle-même d’arceaux en ogive et décorée de colonnettes et de trèfles. Le triforium, ainsi disposé , ne serait pas indigne de figurer au nombre des plus curieux du même âge ; il lui manque seulement d’être transparent.

les bas côtés

Le bas côté de l’église qui s’appuie sur le cloitre n’a point de chapelles intérieures. Aussi les collatéraux offrent-ils une grande largeur, surtout au chevet, qui a la forme d’un hémicycle, entouré de cinq belles chapelles absidales semi-circulaires. La nef latérale gauche présente un rang de chapelles accessoires; elles font partie du système de contreforts destinés à soutenir l’ édifice. Dans la chapelle de Saint-Léon on voit des sculptures en pierre, sans doute attribuées à la renaissance,. Les sujets sont assez curieux. On distingue un groupe nombreux d’anges agenouillés, portant des flambeaux. Un autre groupe représente quatorze personnages qui jouent de divers instruments de musique. On y remarque une sorte de violoncelle, une cornemuse et un tambour de basque. Dans un encadrement voisin, on voit Dieu entouré d’anges. Ils tiennent des encensoirs, des lions ailés qui figurent les animaux symboliques de l’Apocalypse. Une multitude de saints et de bienheureux qui composent la cour céleste.

On admire deux évangélistes, sculptés en haut relief, à chacune des retombées des archivoltes. Travail riche de détails et d’ expression.

Extérieur de la Cathédrale de Bayonne

L’extérieur de la cathédrale de Bayonne frappe par sa simplicité. La façade du côté de l’ évêché n’ a jamais été terminée. L’entrée latérale, sur la place publique, est précédée d’un narthex. Ce narthex s’ éleve de plusieurs degrés pour atteindre au niveau du parvis. Il s’ agit d’ une espèce de dais ou de pavillon, soutenu sur des arcs en ogive. Ces derniers s’appuient sur deux pilastres chargés de niches d’une exécution délicate.

Le cloitre juste à côté mérite la visite. Il ressemble à ceux d’Arles et d’Elne; mais il présente des particularités propres à intéresser les antiquaires. Un accident avait fait craindre pendant quelques instants pour sa solidité.

d’ après Abbé J-J Bourassé, 1887 (texte simplifié et sous-titres ajoutés pour faciliter la compréhension).

Étiquettes:

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *