Les instruments de musique basque appartiennent au patrimoine et à l’ identité basque. Pourquoi les remarque t’ on?

Comme tous les peuples du monde, les Basques ont depuis longtemps utilisé des in­struments pour «adoucir les mœurs» ou accom­pagner leurs chants. «Le petit peuple qui danse au pied des Pyrénées» de Voltaire a su créer ses in­struments, adapter ceux de ses voisins ou adopter ceux que la rencontre avec l’étranger leur faisait dé­couvrir. Si les formations classiques ou rock ne se dé­marquent pas  du reste de l’Europe par leur répertoire, il leur arrive de plus en plus fréquemment d’utiliser les instruments de musique basque pour obtenir des sonorités plus origi­nales.

Le txistu, premier des instruments de musique basque

Cet instrument de musique basque, flûte à trois trous, que l’interprète «coince» entre lèvres et auriculaire engagé dans un anneau fixé au pavillon, est le plus répandu. Dièses et bémols s’obtiennent en ne bouchant que partielle­
ment l’un des trous. l’autre main du «txistulari» (le joueur de txistu) frappe généralement un petit tam­bour : « danbolina )) ou « atabala ». D’ébène et cerclé d’anneaux métalliques clairs, son bec est également métallique. De taille variable, sa version la plus longue est le « silbote )) dont le ton est plus grave, ce qui faci­lite son intégration à des orchestres de chambre.
Utilisé pour les fêtes, laïques ou religieuses, il est de toutes les danses folkloriques. Pourtant, il faillit dispa­raître du Pays basque de France au lendemain de la deuxième guerre mondiale. Les cliques (cuivres et percussions) se multipliaient, et pour se faire en­tendre, mieux valait un saxophone qu’un txistu !

Les municipalités en ont fait un instrument officiel: dès 1628, Lekeitio, en Biscaye, avait son txistulari ; en 1992, Biarritz se dotait d’une banda de txistulari ré­munérée par la ville.

La xirula

Version plus courte, et donc plus aiguë que le txistu, la xirula est en bois clair. Proche des pipeaux ou des «flutaulets» occitans, elle s’est remarquablement maintenue en Soule où pastorales et surtout masca­rades ne se conçoivent pas sans elle. Dans sa repré­sentation du port de Bayonne, en 1784, JVernet fait apparaître sur les berges de l’Adour, face au chantier naval des actuelles allées Boufflers, un «xirulari» (joueur de xirula) marquant la mesure de son ttun­ttun. Souletin égaré? signe de l’utilisation jusqu’à la
Côte de cette petite flûte? le peintre des ports fran­çais n’est plus là pour nous le dire!

Le ttun-ttun

Cet intrument est une caisse de résonance plutôt longue, munie de six cordes tendues. Frappées par une baguette, elles permettent d’obtenir un bourdon­nement rythmé que suivra le xirulari. Les orifices ré­alisés sur le dessus de la caisse sont l’occasion pour les menuisiers souletins de rivaliser de finesse. Les motifs de croix et rosaces, utilisés pour les meubles ou les stèles, y sont souvent repris. La proche vallée béarnaise d’Ossau fait également usage de cet instrument. Pour marquer le rythme plus fort l’atabal (frappé avec deux baguettes) et le danbolin (frappé avec une baguette) s’ utilisent souvent. Tambours à la peau très tendue, on les  recouvre d’un mouchoir humecté afin de limiter la surchauffe du cuir fin pour le faire vibrer.

 

Le pendelete

Le pendelete ou tambourin basque associe à un petit tambourin que l’on frappe des doigts des mini-cym­bales qui s’entrechoquent sur l’arceau de bois de l’instrument. On l ‘utilise particulièrement en Guipuscoa, en duo avec le trikitixa, accordéon dia­tonique. Ce dernier  permet de jouer de façon très enlevée les fandangos et autres «arin-arin»,

 

La txalaparta

 

Parmi les percussions, n’oublions pas la txalaparta. Il s’ agit d ‘un xylophone géant où deux joueurs frappent à quatre mains d’épaisses lattes de bois au moyen de maillets frappés verticalement. La dextérité de certains «txala­panaris» fait penser  qu’un instrument tropical s’est soudainement acclimaté aux Pyrénées! pourtant, il s’agit probablement d’un des instruments les plus anciens du Pays Basque.

L’ alboka

 

Il en va de même de l’alboka : une embouchure de corne enfermant les anches, suivie de deux ro­seaux joints parallèlement et percé, l’un de trois trous, l’autre de cinq, le tout finissant par un pavillon re­tourné vers le ciel, corne plus importante que l’em­bouchure. Une poignée décorée, placée sous les ro­seaux, permet au musicien de se saisir de l’alboka dont la technique de jeu est proche de celle de la cornemuse. Rappelant les instruments utilisés par les bergers dans tout le bassin méditerranéen, l’alboka fut peut-être utilisée par ces Vascons mettant Roland en déroute à  Roncevaux …

La gaïta

 

Enfin, terminons ce panorama des instruments de musique basque. La gaïta, d’origine arabe (conférer l’al.khaita de l’Atlas maghrébin), est à rapprocher du hautbois. Notamment  à cause de sa double anche même si son pavillon est plus évasé. Très populaire en Navarre, elle est indisso­ciable des fêtes de Pampelune. Dans cette ville,  elle est chargée de «réveiller» la ville pendant les fêtes par les sons stridents qu’elle permet d’émettre. Son apparition dans la ville jumelée de Bayonne est plus récente, et peut-être moins appréciée.

Instruments de musique basque, autant de noms inconnus en français, à découvrir au fil des rencontres.

 

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